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09 avril 2024

RAP

LA VOIX DU BONHEUR

Laissez moi penser que la vie peut être belle
et pour l'affirmer, monter les décibels.
J'veux pouvoir crier sur les toits
que j'peux être heureuse encore une fois.
Voir fuser des centaines d'éclats de rire.
Émerveillée, afin d'entailler le pire
car je refuse de broyer du noir
telle une machine, du matin jusqu'au soir.
Humaine, j'veux simplement dire
que j'ai le droit d'y croire.
Qu'on peut déposer les armes
sans être noyé sous un torrent de larmes.
J'ai besoin de garder espoir, de changer d'air,
pour voir ce que c'est que d'être bien.
Profiter simplement des petits riens.
Pouvoir prendre les choses à la légère.

Le bonheur est à la portée de tous.
Il m'entraîne et me pousse.
C'est l'heure de me donner une chance.
Que prennent vie mes croyances.
C'est l'heure de rentrer dans la danse.

L'âme arc-en-ciel, aux mille couleurs,
à étaler sur mes sourdes douleurs.
Épuisée de s'effondrer, de vriller,
je sais qu'à chaque jour suffit sa peine.
Et oui, qu'il en existe aussi sans haine.
Reposée, je laisse le soleil briller.
Je me relève une fois pour toute,
laissant derrière moi les doutes.
L'existence est courte, j'veux profiter
de ses plaisirs comme en une nuit d'été
et surtout, poétiser ces belles envolées.
Le cœur plein, réaliser mes rêves.
Quitter ceux qui veulent me les voler.
Comme je plains ceux qui crèvent
de n'avoir osé atteindre les leurs.
Mais, ça y est, pour moi il est l'heure.

Le bonheur est à la portée de tous.
Il m'entraîne et me pousse.
C'est l'heure de me donner une chance.
Que prennent vie mes croyances.
C'est l'heure de rentrer dans la danse.

Je cède à l'appel de la fièvre.
Je m'en vais, le sourire aux lèvres.
Suivez moi, je prends les devants.
Ma foi me fait aller de l'avant.
Un pas après l'autre, au suivant,
avec une légèreté délicieuse.
Oh combien est précieuse l'allégresse !
La joie est une richesse
qui fait de moi une chanceuse.
Je donne enfin une voix à ma vision
afin d'accomplir ma mission.

Le bonheur est à la portée de tous.
Il m'entraîne et me pousse.
C'est l'heure de me donner une chance.
Que prennent vie mes croyances.
C'est l'heure de rentrer dans la danse.

©️ Slamity Jane - SACEM

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JAMAIS VOULU ÇA

J'n'ai jamais voulu ça, être nourri par la rage.
Galérer des années pour tourner une page.
Ne plus être maître de mon royaume.
J’en bave tel le loyal lion en cage.
J’n’ai que trop erré dans vos déserts
n’offrant que mirages, solitude et misère.
En attendant qu’on m’injecte le sérum,
j'brave de façon royale vos entraves.
Je veux seulement prendre le large,
avant de devenir complètement barge.
J’refuserai toujours d’être une épave.
J’broie la colère dans ma paume.
J’bois, me saoulant avec mes propres psaumes.

J’n’ai jamais voulu ça
J’n’ai jamais voulu ça

J’n’ai jamais voulu être la cible de vos reproches.
J’n’aurai jamais cru faire du mal à mes proches.
Mais vous savez, lorsque soudain tout dérape,
nombreuses sont les choses qui nous échappe.
C’est comme si à chaque nouvelle étape
on descendait en parallèle d’un étage.
J’n’ai jamais voulu ça, être l’otage
des promesses que je n’ai pas pu tenir,
des croyances que je pensais détenir.
J’n’aurai jamais pensé vous abandonner
après avoir si longtemps tout donner,
mais parfois la seule solution est de partir
lorsqu'on souffre le martyr.

J’n’ai jamais voulu ça
J’n’ai jamais voulu ça

J’n’ai jamais voulu ça, combattre
pour trouver la paix intérieure.
J’n’aime pas l’idée d’avoir à me débattre
dans les draps froids de mes peurs.
J’n’aurai jamais cru perdre en route l’enfant
ambitieux, conquérant, à l’air rieur.
Mais j’rentre pas dans le rang des gens tristes.
J’rêve de mieux et j’suis sur la bonne piste.
Et oui, maintenant adulte, j’me défends
face au tumulte, à la fureur du monde extérieur.
Si je ne choisis pas encore tout ce que je vis,
c'est en connaissance de cause que je sévis.
Ça date pas d’aujourd’hui que je dis oui à la vie.

Tant de choses que j'n'ai pas voulu.
Mais bon c'est comme ça
et il faut bien vivre avec.

©️ Slamity Jane - SACEM

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MAUDIT

Maudit je suis né,
condamné à vivre damné.
Un sordide refrain tourne dans ma tête
et ma terrifiante psychose s'entête.
Trop de barreaux à scier
au sein de cette existence sans pitié
refusant obstinément de m'amnistier.
Des mots obscurs gravés dans l'acier.
La poisse me colle à la peau.
Toujours vêtue de mes oripeaux.
La même histoire sans cesse se répète.
Les amitiés peu à peu s'émiettent,
infimes grains de sable dans le sablier.
J'ai voulu d'un splendide amour,
dur de constater ce que je récolte en retour.
Impossible d'apposer un point final.
Victime d'une détestable cabale.
Le malheur injecté en dose létale.
Les agonies à outrance sont fatales.

La souffrance m'a prit sous son aile,
me retient quand je veux me séparer d'elle.
Je ne parviens pas à lui être infidèle.
Impossible de conjurer le sort
car elle me tire vers le bas
quand je cherche à prendre mon essor.
À corps perdu, je plonge dans mes béances.
Elle aime ma déchéance,
mon irréversible manque de chance.
Soumis par sa main glaciale
ainsi j'abandonne le combat
et attend la délivrance.
À la fin de cette infernale spirale,
elle sera témoin de mon ultime râle.

©️ Slamity Jane - SACEM

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LAISSER COULER

https://www.youtube.com/watch?v=oY2CtnSRhyM

Laisser couler tout ce qui vient.
Il n'y a que ça pour faire du bien.
Ne plus vouloir s'attacher à rien.
Un à un, tenace, défaire les liens.
Sur la feuille, se laisse aller
emportée par le courant des pensées.
Tant de peine s'est déjà déversée.
Portée par une flopée d'émotions,
s'abandonner à ses divagations.
Écouter ce que dicte sa muse,
ressusciter plus la mine s'use.
Avoir conscience de sa veine
alors que l'existence malmène.
Ne pas vouloir stopper l'hémorragie.
Quand on se fait un sang d'encre,
prolixe, ne pas être un cancre.
Heurté(e) par la noire poésie de la vie,
elle est aussi source d'illumination.
Elle nous évite l'aliénation.
Au lieu de faire le gros dos,
composer des rondeaux.

Seule solution pour lâcher prise.

L'inspiration est un souffle nouveau.
C'est la meilleure clé à notre trousseau.
Elle marque nos lettres de son sceau.
Comme touchée par la grâce,
sur notre fragile épiderme, sa trace.
La triste réalité nous a crevé les yeux
mais confronté(e) aux constats odieux,
nous accueillons ses plus belles révélations.
Il suffit parfois d'un peu d'imagination
pour capter l'essentiel au-delà du visible.
Avoir une confiance aveugle en ce fusible.
La plume nous sort de notre stupeur
et soulage notre torrentielle fureur.
Rien ne peut arrêter l'enthousiasme
quand elle gomme le marasme.
Sourde aux mauvaises prophéties,
elle surprend avec ses facéties.
Elle nous a rendu notre liberté
là où tout espoir avait déserté.
Elle connecte le cœur à l'esprit,
avec elle nous sommes en faction,
elle brise les verrous sans effractions.

©️ Slamity Jane - SACEM

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EXIL



Un pétage de plomb a tout déclenché.
Croyez moi, j'ai bien assez marché,
épuisé mon énergie à tenter de ne pas flancher.
Dans ma tanière ne venait pas me chercher.
Ça y est, le silence se fait, j'ai tout débranché.
Apaisant, en boucle dans ma tête il résonne.
À présent, je ne suis plus là pour personne.

Fracassée par la cohorte des tracas,
j'en ai assez des horribles malheurs, du fracas.
Des fantômes du passé je ne veux plus faire cas.
Je tiens éloigné ce que je déteste
et de mes fardeaux je me déleste.
Je n'ai pas ma place dans ce monde violent,
où tout sourit aux insolents.
Face au mépris, je pars en courant.
De rien je ne veux être au courant
car facilement remonte la révolte
comme traversée par mille volts.

Je me dois, en toute honnêteté,
de m'exiler, de déconnecter
pour retrouver ce que je suis,
tel un tableau que l'on essuie ;
démêler les fils du mal du bien,
que rien ne se passe à mon insu.
Retourner à la source d'où je viens.
Il n'y a pas d'autres issues.
Dorénavant, je compte là-dessus
pour me remettre d'aplomb,
ôter mes semelles de plomb
et aller me mêler à mes prochains.
Prête à prendre le prochain train.
Qu'enfin se rétablisse la lumière,
je puisse compter sur mes ampères.
C'est l'unique fait auquel je crois :
il est si essentiel de revenir à soi
quand notre histoire nous déçoit.

©️ Slamity Jane - SACEM

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PIÈGE DE LA VIE



Usé de naviguer d'écueil en écueil,
ta vie est une fleur que tu effeuilles
« Je t'aime un peu, beaucoup,
Jusqu'à la folie... pas du tout ».
C'est une tombe sur laquelle tu te recueilles.
Dans les méandres de ta mémoire
il y a une faible lueur d'espoir.
Tu sens sa chaleur au creux de tes mains.
Tant bien que mal, tu l'entretiens jusqu'à demain.
Mais elle est si infime au sein de l'ouragan.
Au gré des courants, tu es un lagan.
Souvent tu veux céder à l'appel de la mort.
Violents sont les vents du remord,
de la détresse et de la colère.
Moroses sont les notes de ta portée
lorsqu'ils ont tout emporté.

Seule la peine ne te paraît pas éphémère.
Tu contemples, atterré, tes rêves échoués.
Rien ne reste dans tes poches trouées.
Chancelant tu avances,
avec pour compagne la malchance.
À quoi ça sert d'idéaliser,
de s'attendre à mieux
si tout est si difficile à réaliser ?
On te dit d'ouvrir grands les yeux
mais la réalité te pique tellement
que tu préfères les garder fermés.
Tant que la vraie beauté n'aura pas germée
tu ne peux faire autrement.
L'existence est souvent vénéneuse,
voire parfois haineuse.
Les morsures de l'aspic
te marqueront à jamais,
comme ceux que tu as aimé.
Empêtré dans les roncières,
le manque cruel de lumière
a fait de toi le roi des ombres.
Cherchant quoi bâtir au sein des décombres.
©️ Slamity Jane - SACEM

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07 avril 2024

Capharnaüm

Dans ma tête c'est le bazar.
Elle veut tout planifier,
ne rien laisser au hasard.
Elle est trop sûre d'elle.
Face à l'imprévu,
elle est horrifiée
et c'est de nouveau le bordel.
Dans le labyrinthe de mes pensées bizarres
souvent je me perds.
Des souvenirs à moitié effacés
côtoient ceux que j'ai inventés,
ainsi que ceux qui prennent tout l'espace.
Je commets d'injustifiables impairs
envers mes différentes personnalités
puis reste plantée là, dubitative,
à me demander ce qui m'arrive,
qui est devant ma glace,
celle qui a pris ma place.
Des bribes de mémoire se baladent de-ci de-là,
pièces d'un puzzle ne pouvant être assemblées.
Je dois être fêlée de la cafetière.
Là dedans ça infuse.
Des envies, en nombre, se diffusent.
Je nage dans la confusion la plus totale.
Je ne maîtrise plus la situation.
Si je te parle, attention,
je crains que mon cerveau ne prenne le contrôle,
bien trop certain de l'importance de son rôle.

Dans mon coeur, c'est la même.
C'est bien ça le dilemme.
Les sentiments se mélangent
créant une mosaïque bien étrange,
que moi-même je peine à discerner.
Il souhaite se sentir vivant
mais zigzague quand on veut le cerner.
Ainsi, contre les humeurs du vent,
se moquant du blizzard et de l'alizé,
même lorsque la balle est dans son camp,
il vise des buts mouvants.
Ses pulsations sont désordonnées.
La tachycardie n'est pas loin.
S'il veut qu'on prenne soin
de le protéger, d'écouter ses attentes,
il doit apprendre à pardonner.
Mais encore il se lamente,
agité par d'anciennes tourmentes.
Lorsqu'il se laisse enfin aller,
plus rien ne peut le raisonner.

Entre les deux s'engagent des dialogues improbables.
Les sujets de conflits sont infinis.
Puis, pour conclure, chacun traite l'autre de zinzin.
De leur état me tiennent pour responsable.

Moi, avec toute cette zizanie
j'en perds littéralement mon latin.
À mon insu, à tue-tête ils zinzinulent
et finalement ne font que ce qui leur chante.
Le plus drôle c'est qu'avec leurs histoires
c'est moi qui suis ridicule.
Bon allez, il se fait tard.
J'ai la gueule de bois des fêtards.
Ces deux-là m'ont saoulée
à ne pas trouver de terrain d'entente.
Il est temps de remettre de l'ordre.
C'est l'heure de la détente.
Je ne veux plus les entendre se disputer.
Je suis trop fatiguée pour discuter
après toutes ces nuits blanches
qu'ils m'ont fait passer sur la planche.
Je cesse maintenant de les écouter
car s'élève déjà le brouhaha
d'une foule de promesses
d'un quotidien mieux rangé.
Que ça leur plaise ou pas,
de côté je les laisse.
Je prends la relève,
je signe la trêve.

© Slamity Jane - SACEM

20 juin 2023

L'antidote

Je vous invite à découvrir le texte de ma chanson "L'antidote", sur mon troisième album Côté Cœur"

En écoute sur ma chaîne Youtube

La consternation me frôle.
Je constate chez l'Homme
de drôles syndromes
d'une maladie traître,
établie de longue date.
Qui mène l'humain
à être prit par la main
pour savoir qui être.
Vois, son spectre plane
et glane les gens perdus.
Pendus à leurs incertitudes.
Elle leur donne la latitude,
leur dicte leurs attitudes,
quelles sont leurs habitudes.
Dès le départ, pas immunisés.
En phase finale, déshumanisés.

Il est si morne
d'être dans les normes.
Dépasser les bornes
partout imposées.
Réparer le mal causé.
Ne point être conforme
ni dans le fond
ni dans la forme.
C'est vraiment si bon.
Se moquer de sa cote.
Injecter l'antidote.

Des milliards d'individus
à la quête assidue
de ce qu'ils sont.
Certains mordent à l'hameçon
de l'uniformisation insigne
d'une société indigne
de leurs diversités.
D'autres bravent ce cyclone,
assument leur personnalité.
À l'opposé de ces clones
aux identités identiques.
Résultats synthétiques.
Ils ont l'esprit fantasque,
passant pour marginaux
car osent être originaux.
Au sommet de leurs frasques
ils ôtent leurs masques.
À l'aisance affichée
c'est sans clichés
qu'on ne peut les ficher.

REFRAIN

Plus de propagande
de marchands de tapis
qui été tapie partout,
génératrice de pâles copies.
Vues comme des atouts,
différences en offrandes
à tous leurs semblables.
Divergences familières.
Une fraternité probable.
Unité à part entière
au sein de la fourmilière.
Une par une les doctrines
tombent au puits des origines.
À l'union arc-en-ciel des peaux.
L'authenticité pour drapeau.
Que jamais les goûts variés
ne se versent dans ce tout-à-l'égoût,
ne servent ce ramassis avarié.

REFRAIN

Pas question de se laisser lissé.
Les parjures, les faire glisser,
ainsi que leur kyrielle
de grossières injures.
Chacun avec ses aspérités
sur cette toile plurielle
a sa touche à apporter.
Pas sages comme des images
car animés par la liberté.
Jamais ne se défilent
les pantins affranchis des fils.
Là, la piste se dessine.
Ils déposent leurs empreintes
pour ceux qui l'emprunte.
Tous y chemine,
nul besoin d'un permis.
Ceux qui ne se sont pas compromis
on tout à y gagner, promis.

© Slamity Jane - SACEM

15 juin 2023

Sous les caméras des flics

Je vous invite à découvrir le texte que m'a inspirée la chanson "Les amoureux des bancs publics" de Georges Brassens

Les gens qui pensent à l'envers regardent de travers
Ceux qu'on voit sur les trottoirs
Sans gêne se tripotant et se bécotant
Mais c'est une absurdité car en vérité, elle est belle leur histoire
Pour faire défaillir un instant la violence de notre temps.

Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'foutant pas mal de ceux qui se croient honnêtes
Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'glissant des "je t'aime" mirifiques
Génèrent des effets bien bénéfiques.

Ils nous prennent par la main, rêvent de plus beaux lendemains, assurent
Que les murs revêtiront les messages à coucher.
Ils se voient déjà ensemble au front montant, solidaires à fond c'est sûr
Et leur détermination nous laisse bouche bée.

Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'foutant pas mal de ceux qui se croient honnêtes
Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'glissant des "je t'aime" mirifiques
Génèrent des effets bien bénéfiques.

Quand les pseudos bien-pensants d'eux auront appris
C'est certain, le monde se portera mieux
Mais à l'heure où tout part en vrille
Le climat, les prix, la vie, les politiques n'ont pas compris
Qu'il est grand temps qu'ils s'conduisent comme eux.

Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'foutant pas mal de ceux qui se croient honnêtes
Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'glissant des "je t'aime" mirifiques
Génèrent des effets bien bénéfiques.

Ils n'en auront jamais assez d'être embrasés par leurs beaux rêves flambants
De chasser de leur ciel les gros nuages lourds
On les apercevra toujours au hasard des rues, de la société mis au ban,
Ayant trouvé une place avec la force de leur amour.

Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'foutant pas mal de ceux qui se croient honnêtes
Les couples qui s'embrassent sous les caméras des flics
Caméras des flics, caméras des flics
En s'glissant des "je t'aime" mirifiques
Génèrent des effets bien bénéfiques.

© Slamity Jane

13 juin 2023

L'orage

Je vous invite à découvrir ce texte librement inspiré de la chanson L'orage de Georges Brassens.


Ne me parlez pas de pluie, plutôt du beau temps.
Le beau temps me plaît et c'est évident
Les colères du ciel me mettent en rage
Car le plus terne amour qui m'fut donné sur terr' -
Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter -
Je l'ai revu un jour d'orage.

Par un après-midi de juin, à l'abri sous un toit
Un vrai tonnerr' de Brest, j'en perds mon patois
Toujours adepte d'artifice,
Bondissant de sa voiture sans préavis,
Mon ex mari vint me tenir compagnie.
En réclamant, sur ma vie, des indices.

"Tu es seule et bien triste, mais pas de pitié.
Moi, ton époux, je resterai toujours entier
Même si je suis un ancien partenaire.
Au lieu de pleurer quand il fait mauvais temps
Tu apprendras, et crois moi, c'est important,
Que tu ferais mieux d'acheter un paratonnerre."

En maudissant le nom de Benjamin Franklin
J'me dis que j'aurais dû prendre un parapluie,
c'est pas malin.
Et puis la réflexion a fait le reste :
J'aurais dû m'en aller avant de perdre la raison.
Je ne t'ouvrirai plus la porte de ma maison.
Erreur on ne peut plus funeste.

Vu que j'étais attendue ailleurs,
Soulagée de vivre enfin un moment meilleur
Et ayant recouvré tout mon courage,
Je continuais mon chemin, laissant derrière mon mari.
Me jurant d'ignorer les jours d'intempérie.
Oublie-moi au prochain orage.

À présent j'ne baisserai plus les yeux.
Je consacrerai mon temps à prier les cieux
De rendre clémentes les nues,
D'effacer les stratus et les nimbus,
À faire les yeux durs aux moindres cumulus.
Car de loin je suis revenue.

Ne plus penser que l'amour est un enfer,
au diable s'il n'en a rien à faire,
Je ne veux plus devoir me taire
Et désire voyager sous des cieux toujours bleus,
Au pays subtil où vivent les gens heureux.
Où l'on ne sait rien du tonnerre.

Que ma mélopée aille, tambour battant,
Lui parler du soleil, lui parler du beau temps
Que l'on a pas pu connaître ensemble,
Lui dire qu'un certain coup de foudre assassin
Sur le tracé de mon destin a laissé le dessin
D'un cœur brisé qui lui ressemble.


© Slamity Jane

09 juin 2023

S'écrire



J'ai invité les auteur(e)s à écrire un texte inspiré du refrain de mon slam "S'écrire".

"Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se délivrer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume."


Je vous invite à découvrir le fruit de leur inspiration


Poser des mots en cascade joyeuse histoire de contrebalancer l'émotion triste.
Écrire une histoire à dormir debout, afin de peut-être, en s'allongeant, trouver le sommeil.
Dormir en épluchant des yeux les pages vides d'un roman jamais commencé.
Romance du stylo bille grattant délicieusement l'écorce blanche du boulot sauvage.
Paraphraser sans fin, puisque les mots sans voix crient au fond des âmes libres.
Partager des "peaux aiment" en se frôlant des yeux.
Griffonner sur le sable des mots du cœur, regarder la vague écume les lécher tendrement.

Rosemay


La mémoire des émotions
Fixer les émotions

S'écrire un moment céleste,
Exprimer avec exactitude, se servir de sa tête,
Si possible avec art, son divin bonheur,
Pour fixer le plus fidèlement l'instant rare,
Pour soi, pour se resservir la douceur,
En temps voulu, ou nécessaire,
Comme on se déguste un bout de pâté
Ou le sandwich soigneusement préparé,
Comme on se garde l'épisode du k-drama,
En cas de malheur, contre les coups bas,
Comme on se réserve la chanson mirifique,
Pour les temps difficiles, pour le creux dramatique.

Artisanmots


S'écrire

S'écrire c'est réinventé sa vie.
En faire le contour en embellie.
Chasser ses maux par des mots.
Chasser ses démons sans sursaut.

S'écrire c'est se raconter.
Livrer un peu de ses pensées.
Ce poème s'écrit sur la vague de mon être.

S'écrire c'est raconter celui que l'on veut paraître.
S'écrire c'est voir au delà de ce qui nous déçoit,
de soit.
Un petit bout de lumière.
On peut s'y cacher derrière.

SN**


Écrire des poèmes d'amour

Je t'écris des poèmes d'amour
Car je ne dois pas te faire l'amour
Je t'écris des poèmes d'amour
Car tu aimes bien trop les mots
Je t'écris des poèmes d'amour
Car je te veux nue dans mon lit
Je t'écris des poèmes d'amour
Car l'anaphore frivole te séduit
Je t'écris des poèmes d'amour
Car nous jouirons en  jumeaux

Mais tous ces poèmes d'amour
Sur tes douces rouges lèvres déposés
N'auront jamais la saveur d'un baiser volé

phillechat


" Lettre à l'enfant que je fus "

Hors la brûlure des larmes sur les joues de l'enfant
celui que nous fûmes

Hors son regard
comme une arme pointée sur la tempe
du temps qui nous consume

Hors l'innocence perdue
comme les grandes vacances
la maison qui n'est plus

Hors la conscience tranquille
d'avoir troqué nos rêves
pour devenir habiles

Hors le silence tricard
sous les arcs électriques
d'étriquantes cités

Hors l'insolence blafarde
de charlots cathodiques
éclairant nos dîners

Hors la jument de Tad-Koz
qu'il montait comme un casaque
qui faisait sa fierté

Hors tout ce qu'on nous a vendu
le formica la sécu
et la sécurité

Tout va bien je présume
jusqu'ici je contrôle
je m'arrime et j'assume
oui je tiendrai mon rôle
même si derrière les brumes
par dessus mon épaule
comme d'un ange les plumes
je le sens qui me frôle

Hors échancrure normale
des couples solides
de cohabiter

Hors fulgurance lucide
descendre les poubelles
et faire le chien pisser

Hors ce qui monte
à la gorge
et qu'on a tôt fait de ravaler
Hors habitude sournoise
qui suinte des murs
et de nos annuités

Hors les réveils glacés
quand la nuit nous surprend
dans la sueur et l'effroi

Hors qu'on ai chassé
la mort la vieillesse et l'ennui
loin de dessous le toit

Hors le hasard étouffé
culpabilisé
la science fait foi

Hors que l'on ai couronné
pour ne point qu'ils s'adoubent
nos enfants rois

Tout va bien je présume
jusqu'ici je contrôle
je m'arrime et j'assume
oui je tiendrai mon rôle
même si derrière les brumes
par dessus mon épaule
comme d'un ange les plumes
je le sens qui me frôle

Hors addiction de fusibles
à la pharmacopée
des revendeurs de plomb

Hors génocide paisible
dans la vénalité
et l'acculturation

Hors la corde sensible
des minorités
qui fit une belle pendaison

Hors que le crime est horrible
s'il n'est pas validé
de commémorations

Hors la brûlure des larmes sur les joues
de l'enfant celui que nous fûmes

Tout va bien je présume
jusqu'ici je contrôle
je m'arrime et j'assume
oui je tiendrai mon rôle
même si derrière les brumes
par dessus mon épaule
comme d'un ange les plumes
je le sens qui me frôle

Patrick Prigent


Écrire comme un abri pour des intempéries, Favelas de la plume.
Écrire quand Damoclès montre sa lame, écrire pour dire.

Aldo Orellana


Écrire
Pour claquer des vérités plus faciles à lire qu’à entendre,
Pour envoyer du rêve dans nos cœurs, qu’ils soient durs ou tendres,
Pour élargir nos champs de vision, qu’on apprenne à apprendre,
Pour éloigner les démons, les morsures des scolopendres.

(Extrait de l'un de mes textes sur la même thématique)

Romain Bruhl


S'écrire c'est laisser
Une partie de Toi en Moi
Une partie de vous en nous
J'ai écrit sans cesse
J'ai laissé mon cœur
Parler à ma place
Ma route, je trace
Pas après pas
J'arrive à mon terminus
Sans nuire à autrui

Didier Hippon


Écrire pour ne pas crier
Écrire pour ne pas blesser
Pour à nouveau l'évoquer sans saigner
Écrire pour ne pas l'ouvrir
Écrire pour ne pas mourir des mots qui m'étouffaient
Écrire pour ne pas oublier,
des fois qu'il me viendrait l'idée de tout recommencer

Écrire pour immortaliser le temps passé, le temps perdu
Écrire pour m'envoler
Écrire pour voyager dans les sombres contrées de mes pensées
Écrire enfin parce que les maux couchés sur papier
ont moins de réalité que ceux qui flottent dans ma psyché

Steph Steph


Sec rire...
Avec des milliers de gouttes d'encre d' espérance dans une seule cartouche...
Je tire. Puis me tais.
Il vaut mieux se dire dans le silence.
Sec rire...
Sans larmes. Sans vie...
Je me tire. Puis me tais...
Et vous me reconnaîtrez dans le flottement pesant de cette chaleur humide qui fait transpirer les pierres par delà vos frontières.
Elles...Savent vivre.
Sans rien écrire.
Je m'étire...Puis me tais.

Iohanan / Yann Ruellen


De l'encre et des vers
Gomment nos revers
Des rimes pour vous plaire
En cascades
S'efface la colère
Mes syllabes portent l'estocade
Sur les bancs de la misère
Une nouvelle page pour nos mères
Des sourires pour nos frères
Je n'écris pas pour des chimères
Mais pour une nouvelle ère

Frederic Camoin


Écrire
Pas pour plaire,
Pour faire plaisir,
Soigner nos plaies,
Pour nos joies saisies.
Pour faire pleurer
le lecteur sans émotions,
Pour ne pas demeurer
Sans sensations.
Écrire c'est gémir autrement
Pour dire les vérités autrement
Pendant que l'autre ment.
S'écrire, c'est s'effacer pour exister.
S'écrire, c'est crier pour ne pas faire du bruit.
S'écrire, c'est dénoncer avec des énoncés, avec des données connues
Ou pas...connues.
Lire c'est écrire dans un mental sans user de l'encre.

Akonhounkpan M.Pharès


Écrire pour laisser une trace de l'indicible,
pour laisser ouverte une porte entre les mondes,
écrire en restant inaudible,
écrire pour n'effacer ni le tendre, ni l'immonde.
Écrire pour dire adieu,
en restant ici-bas,
écrire pour dire à Dieu,
qu'elle m'avait mise bas,
qu'elle m'avait mise au monde ;
et lui confier son âme,
accoucher de ses larmes
et de celles de mes yeux.
Écrire pour dire encore " maman".

Virginie Tintillier


Écrire

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume,
Un flot de mots déchaînés qui s'échappe, un torrent qui s'allume.
Dans l'ombre de la nuit, sur le papier, une symphonie posthume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se délivrer de son amertume,
Des mots embrassant les cœurs, tranchant comme une lame, sans coutume.
Révéler nos vérités, nos espoirs, nos échos dans cette brume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume,
Dans chaque ligne tracée, l'âme se dévoile, se consume.
Exprimer les douleurs, les joies, les rêves, une bulle qui s'allume.
La poésie s'élève, s'échappe comme un souffle dans la brume,
Dans un enchevêtrement de phrases, d'émotions qui se consument.
L'encre se mêle aux larmes, les mots défient le temps, s'allument.
Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume,
Écrire pour ceux que l'on aime, se délivrer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.
Dans chaque syllabe gravée, une parcelle de nous se consume,
Une danse de lettres qui s'enlacent, sans peur, sans costume.
La poésie nous relie, nous transporte vers des horizons qui s'allument.
Alors écris, libère-toi, laisse parler ton âme sans costume,
Car dans chaque mot, chaque vers, se trouve un trésor posthume.
Que tes écrits résonnent, qu'ils embrassent l'univers, qu'ils s'allument.
Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume,
Écrire pour ceux que l'on aime, se délivrer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

PENEL


Délivrer qui je suis

S'écrire :

C'est choisir d'être soi
Laisser sa plume donner des ailes à ses maux
Déposer les masques du paraître face à soi-même
Cracher tout son être
C'est bouffer la liberté

D'abord, s'écrire c'est s'apprivoiser.
Puis, grandir de sa plume.
C'est naître à soi-même
se révéler au monde.
Tomber les artifices

Libérer l'animal sauvage en soi
Délivrer qui je suis.

Quand écrire devient combat, à croiser les mots comme on croise les fers.
Quand écrire c'est s'écrire alors, c'est gagner sa liberté.

Quand écrire devient « naissanciel » alors, écrire c'est exister.
Hurler de silence que l'on est vivant.

Choisir de voyager à découvert
À fleur de peau, à fleur de mots.
Crier sa vérité
S'offrir au monde
C'est s'exposer.

Un don de soi comme un cadeau d'aimer
Un pacte intime
Fruit d'un lâcher prise qui rend sublime
C'est risquer, c'est se risquer.

Lisez ,lisez, c'est l'auteure qui régale, et tant pis si ça coûte !
À fleur de vie, à fleur d'envies
Je vous offre ce bouquet de mots fait de mes tripes.

Et, je vous souhaite bonne réception.

LeaDanCarole


Écrire

Souffrir et s'offrir
Des mots pour un don, un abandon
Faire danser les couleurs et les pleurs
Les peurs et les rêves profonds
Pour notre petite musique au fond de l'âme
Nos rictus et nos larmes
Pour consoler, guérir
Et consolider l'essentiel
Vouloir être ensemble au monde
Comme l'enfant pur
À la recherche des plus beaux ciels

Thomas Labbé


Écrire

Il y a si longtemps que je t'ai cachée
Sous des piles de cahier
Entre les piles de mon passé

Tant de fois abandonnée
Sans aucun remords ni regret
La peur de t'avoir perdue

Sans plainte tu t'es couchée
Larmes sèches et brisées
Autour des amours arrachés

Écrire
Durement
À la force du poignet

Écrire
Sans gémir
Ni pleurer

Écrire
Toute la nuit
Oublier

Laisser les mots
T'inspirer

Le souffle revient
Lentement

Entre les doigts
Mouillés

Écrire...

Anneh Cerola

15 mai 2023

Spectacle slam Elle(s)





Je vous invite à découvrir mon spectacle slam Elle(s) 🙏

28 mai - 5éme édition du festival Les jardins culturels : https://www.facebook.com/events/699744121339054
1er juin - au Kafkerin : https://www.facebook.com/events/662529318995228
7 juillet - à la salle de quartier l'Avenir https://www.facebook.com/events/139689682426257

27 novembre 2022

Manque



Texte de la chanson Manque sur mon quatrième album Alchimie.

Ça y est, mon heure a sonnée.
Depuis qu'à retentit le tocsin
Mon esprit n'est plus sain.
Je ne parviens plus à raisonner.
Une mélancolie lancinante m'a désarçonnée.
Je suis captif, elle m'a emprisonnée.
Les aiguilles ont fait le tour du cadran,
Les miennes se sont arrêtées.
À me casser les dents
J'ai perdu mon mordant.
Un battement d'aile, les années sont passées.
Dans la foule je me suis effacé.
Je ne suis plus qu'une ombre
Appartenant au passé.
Là, au milieu des décombres
La beauté m'apparaît grossière.
Le présent a un goût de poussière.
La démence est un geôlier,
Je suis pieds et poings liés.
Le manque de tendresse est néfaste
Peu à peu c'est tout qu'il dévaste.
Je commence à avoir la frousse
Je le sens toujours à mes trousses.

La vie tient à si peu de choses
Ce fil ténu auquel on s'accroche
Sous ses airs grandioses
Elle cogne et amoche
Nos cœurs de mioches.
Elle n'est pas tendre parfois
Si difficile de garder la foi.
Elle endurcit avant de s'adoucir.
Usée telle une poupée de cire.
Tant de douleurs à occire.

J'ai souvent cédé à l'épouvante
Tellement l'existence est éprouvante
Pour moi, ainsi que pour les miens,
Telle une bougie qui s'éteint,
Brille dans ma mémoire en vain.
À chercher dans le noir une infime lumière.
La peine en bandoulière,
Au fur et à mesure mon dos se voûte.
Mais elle ne me mènera pas à l'échafaud.
À moi de faire ce qu'il faut.
Tracer ma route coûte que coûte,
Vivre malgré ce que je redoute.
Je m'étrangle quand je veux crier.
Alors je sors l'encrier
En ultime délivrance.
La souffrance coule sur le papier.
Elle ne peut plus me piéger.
Il a fallu du temps pour piger
Que ma plume, lourde comme du plomb,
De par son aplomb
Est la seule à m'alléger.

REFRAIN

Quel est ce froid qui soudain m'envahit ?
Remplaçant la rassurante chaleur de tes bras.
Je me sens trahit.
Maintenant quand je regarde devant moi
Je ne vois qu'une silhouette floue de toi.
Il y a de la brume dans ma tête.
Je n'ai plus le cœur à la fête.
Il bat détraqué, à contretemps
Car tu me manques tant.
Le mal suintant s'étend.
Toi qui me faisait vibrer
Qui me donnait de ta vie
Où est-elle passée ?
Hanté(e) par ton absence
Elle a troublée tout mes sens.
Mes yeux pleurent, mon visage se plisse
En pensant à ces instants complices
Qui me glissent entre les doigts.
Ce bon temps dorénavant révolu.
Aux dilemmes non résolus,
À ces risques que je n'ai pas pris
Car ici bas règne un absolu mépris.
Et pourtant je suis encore là
Je ne baisse pas les bras
Et garde la tête haute
Car tout n'est pas de ma faute.
Je cours, fuis jusqu'à ce que la peine
S'amenuise, s'épuise à en perdre haleine.

© Slamity Jane - SACEM

17 novembre 2022

Dis moi dix mots



2019 - Au fil de l'eau

Il pleut.
Je regarde l'ondée
Couler sur les carreaux.
D'un ciel gris délavé
Aux touches de bleu.
Émue par ce tableau,
Belle aquarelle,
Je savoure le charme
De ces graciles larmes.
L'esprit est fluide,
Il glisse hors du corps.
Soudain tout est limpide
Telle l'eau d'un lagon.
Je change de décor.
Je la sens pour de bon,
Légère, ruisseler
Sur ma peau aride.

Évasion épatante.
Je veux déceler
Les sources spitantes,
M'abreuver aux oasis,
Salvatrice catharsis.
Regard vers le haut,
Jamais en arrière.
Aller à vau-l'eau
Sur une vive rivière
Jusqu'à l'océan.
Brillant poisson volant
Planant au-dessus des courants.

Là, bien amarrée
Au gré des marées
Ne pas me faire engloutir
Par les flots déchainés.

Puis de nouveau partir,
Reprendre le voyage.
Contourner les barrages.
Dormir dans l'alcôve
De vertes mangroves.
Sentir la fraîcheur des flocons.
Boire à tous les flacons.

Ainsi les jours de pluie
Arrosent mes rêveries.

© Slamity Jane - SACEM



2023 - À tous les temps

À tous les temps
Conjuguons les verbes
Nous maintenant en vie.
Faiseurs de vers en herbe.
Favoriser le plus-que-parfait
Pour trouver la clé de l'action
Ouvrant la porte du présent,
Puis effacer les méfaits
De l'espace temps qui nous nuit.
Il y a une année-lumière
Entre aujourd'hui et hier.

Les heures lentes de la nuit,
Silencieuses, portent conseils.
À l'avant-jour qui suit
Pas une seconde à perdre
Afin de réaliser ses attentes.
Nous devons réagir dare-dare
Sans se soucier des radars.
Le temps est un assassin
Logeant en notre sein

Oublier ce terrible adage.
Affable, s'octroyer le droit
De simplement lambiner.
Se mettre en hivernage,
Attendre les temps plus cléments.
Vivacité et lenteur combinées
Révèlent qui nous sommes.
De parfaits métronomes.
Rythmer son existence
Sans céder à l'urgence.

Simplement être synchrone
Avec notre horloge interne.
Écouter ces incessants tic-tac
Sans que ne la détraque
La folle course du monde.

Le répit que l'on se donne
Avant que ne sonne
Inéluctable notre dernière heure
Se trouver au bon endroit,
Tout juste au bon moment.

© Slamity Jane - SACEM

16 novembre 2022

S.D.F

Avant j'avais des droits.
J'avais la loi pour moi.
Cette période est révolue,
J'n'y trouve pas mon salut.
Car depuis tout a basculé.
Les problèmes accumulés,
Les dettes ; ont encombrés
Mon existence bien rangée.
Inéluctablement j'ai sombré.
Ce fatras m'a changé.
Je m'y suis soumis,
L'engrenage est un ennemi.
Plus eu la force de mordre
Dans tout ce désordre.

Sans Destin Fiable
La déception m'accable
C'est aussi mon âme
Que l'on affame.

J'ai tout perdu.
Rien ne m'a été rendu.
Péniblement je survis,
Même affaibli et las,
Quand d'autres s'ôtent la vie
Pour bien moins que cela.
J'ai su ce qu'était l'indifférence
Quand j'ai connu la déchéance.
Pas une chance n'est laissée
À ceux qui sont trop cassés.
Au début j'ai attendu
Vos mains sincères, tendues.
Mais peu de regards
Rencontrent le mien, hagard.

Sans Destin Fiable
La déception m'accable
C'est aussi mon âme
Que l'on affame.

Je sais que vous me voyez,
Aussi honnête que vous soyez,
Du lundi au dimanche
M'user à faire la manche.
Il est vrai que ça glace
De voir la vérité en face
J'ai été à votre place.
C'est un mauvais exutoire
De changer de trottoir.
Il ne reste que l'esquive
Aux gens à la dérive.
Je ne suis pas différent,
Juste sorti du rang.
Promis au néant.

Sans Destin Fiable
La déception m'accable
C'est aussi mon âme
Que l'on affame.

Il suffit de l'étincelle
De mots échangés,
D'un moment partagé
Pour raviver mon feu
De simple mortel.
Même si elles sont peu
Les pièces dans l'escarcelle,
Ce n'est pas ce qui importe,
Que le diable les emportent.
Ils me sont précieux
Ces instants rares
Où j'existe à vos yeux.
De grâce ils me parent
Sous mes fripes d'anar'.

Sans Destin Fiable
La déception m'accable
C'est aussi mon âme
Que l'on affame.

Je suis l'envers
De vos artificiels paradis.
Vous, qui en hiver
Semblez moins étourdis
Quand je croise le fer
Avec les enfers
Que sont faim et froid ;
Sachez qu'en toute saison
On peut mourir d'effroi,
Des cartons pour maison.
Vos pensées émues
En oubli se muent.
Nos affres semblent disparaître.
Comme neige en été peut-être.

Sans Destin Fiable
La déception m'accable
C'est aussi mon âme
Que l'on affame

J'aurai préféré être un héros.
Je suis seulement disparu.
Plus une série de numéros,
Comme vous dans ce système
Duquel j'ai été exclu
Et dont on ne sort indemne.
De maux je suis perclu.
J'aurai bientôt fait mon temps.
Ça fait tellement longtemps
Que je squatte cette rue
Qu'elle devrait porter mon nom.
Mais, ça aussi, j'n'en ai plus.
Et sans que vous y prêtiez attention
Se stoppera ma détention.

Sans Destin Fiable
La déception m'accable
C'est aussi mon âme
Que l'on affame

Paupières closes
Enfin je me repose.
On croit que je dors.
J'ai quitté mon corps
Retrouvé au matin.
Je me suis éteint.
Par une nuit tranquille
S'est fini mon exil.
La Camarde, ma camarade
Est venue m'emporter
Loin de ces mascarades
Et des hostilités.
Sans un adieu
Je n'hanterai plus ces lieux.

Victime de l'anonymat
De mon vivant
Jusque dans mon trépas,
En vous levant
Vous ne l'apprendrai pas.
Ma vie est indigne
D'une seule ligne
Dans la rubrique nécrologique.
Dans ce monde autiste,
À peine grossirai je la terrible liste
Des frères de misère
Tombés devant vous sur la piste.
Sans aucun signe de déférence
Je tire ma révérence.

© Slamity Jane - SACEM

Vidéo disponible sur ma chaîne Youtube

09 novembre 2022

La rage au ventre

À toi qui dessine l'avenir,
Pour qui le meilleur est à venir.
Toi seul crée tes miracles.
Tu n'as pas besoin d'oracle.
Même gêné par les ronces,
Elles te donneront les réponses.
Pour affronter les obstacles
Qui se dresseront sur ta route,
Tourner les pages
Et ce quoi que ça te coûtes.
À travers les orages,
Si les doutes t'assaillent
J'aimerai te convaincre
Que pour combler tes failles
Il suffit d'avoir la rage.
Mais la seule qui vaille,
Celle de malgré tout vaincre.
Elle te donnera du courage
Et une nécessaire hargne
Quand rien ne t'épargnes.

La rage au ventre
Bouillonnant en ton centre
Affrontant les accrocs
Tu as les crocs
Tu as toujours faim
De parvenir à tes fins


Quand par de faux amis trahi,
La déception t'auras envahi.
Que, plus souvent qu'à ton tour
L'amour te fera la moue
Et sera sans retour.
Tu douteras du parcours.
Tu en sentiras les remous
Et compteras sur elle.
Ta force est plurielle,
La somme des coups durs
Qu'inévitablement tu endures.
Tu sortiras vainqueur
Des plus rudes conflits,
Comme autant de défis,
Y mettant tout ton cœur.
Ça ne fait pas un pli,
Tu seras alors fier
De ce que tu as accompli,
De tes réussites d'hier
Malgré leur goût amer.

La rage au ventre
Bouillonnant en ton centre
Affrontant les accrocs
Tu as les crocs
Tu as toujours faim
De parvenir à tes fins


Tes échecs l'alimente
Pour mieux remonter la pente.
Tu mets un point d'honneur
À la mettre en valeur.
Tu en auras bavé
Mais c'est les poings levés
Que tu vas de l'avant,
Prêt à te relever.
Tu n'as que faire des paris
Qui te donnaient perdant.
Une fois les langues déliées
Leurs plans sont contrariés.
Dorénavant tu en ris.
D'elles, tu t'es émancipé
Imposant ton droit au respect
. Invincible et fort,
Après tant d'efforts
Tu as bien mérité
L'abandon aux sensations
De l'incroyable motivation
Dont tu as hérité.

La rage au ventre
Bouillonnant en ton centre
Affrontant les accrocs
Tu as les crocs
Tu as toujours faim
De parvenir à tes fins


© Slamity Jane - SACEM

07 novembre 2022

Mes recueils

Poét'hique Slam

Publié en auto-édition en 2012, je souhaite le rééditer en le modernisant et en y ajoutant des textes actuels.

Ce recueil rassemble mes premiers slams, quelques poèmes et des textes écrits plus récemment.



Mosaïque

C'est un recueil qui associe l'image aux mots.

Il est constitué en deux parties :

- dans la première vous découvrirez des textes poétiques et des citations illustrés par mes montages
- dans la deuxième vous découvrirez les œuvres qui m'ont inspirées

Il sera possible de les commander en 2023, par mail à claire.slamity@gmail.com, ainsi que via mon site.

28 septembre 2022

Putain de rancœur

J'ai bien trop de hauts le cœur
Nourrissant ma putain de rancœur.
À vouloir vomir toute la noirceur,
Ce qui m'a teint à l'intérieur.

Bien sûr... plus rien ne m'atteint.
C'est pour ça que je me tue au matin
À effacer ces inscriptions en latin
Qui, sur mon sommeil, ont déteint.

Nuits blanches aux idées noires
Grouillantes de trop de cafard.
Installées là en épais brouillard.
Vidées de leur sens à mon instar.

Je veux shooter ce qui me bute
Mais erre parmi vous sans but.
Je le sais, inégale est cette lutte
Et très dure sera la chute.

Depuis longtemps je cache
Tous les maux que je mâche.
Alors au risque d'être trash
C'est de la bile que je crache.

J'entends la tourmente gronder.
Je n'en peux plus de ces ondées.
De pluies acides inondée.
Gouttes de poison venant me sonder.

Écorchée par la traîtrise,
Les ressentiments me détruisent
Mais l'agonie n'est pas de mise.
Ce qui est cru m'exorcise.

Des pans entiers à incendier.
Tant de mal à congédier.
Je dois pouvoir y remédier.
Il n'y a rien de bon à lui dédier.

© Slamity Jane - SACEM

14 août 2022

Tenir ou courir

La question est : vaut-il mieux courir que tenir ?
Ou bien tenir que courir ?

Il y a une pensée sur laquelle les gens jamais ne se trompent :
Pour marcher droit, il faut être à l'aise dans ses pompes.

Je veux à tous prix me dégoter une vie à ma taille.
Avancer sur ce terrain miné quitte à me trouver sur la paille.
Mal aux pieds ou pas, je ferai face à des pointures.
Pas à pas, je ferai reluire et casserai mes chaussures.

J'me retourne, les rêves piétinés sont sur mes talons
Mais le rétro reflète que le chemin est encore assez long.
C'est pourquoi, je préfère croquer la vie que laisser la mort venir,
Garder avec coffre pour le futur ces kilomètres qui m'ont vu partir.

J'vais pas prendre exemple et marcher sur les pieds des autres.
J'veux tracer ma route, de mes idées me faire l'apôtre.
Un acquis n'est pas résultat d'un rendu, j'me suis pas perdue.
Les faux pas font les grandes avancées et le but tant attendu.

La distance ça use les souliers, sereinement j'en fais la somme.
La douleur, une pierre sur la voie de l'existentiel dogme.

Vois, je suis habile et en aucun cas je crains la déroute.
Les empreintes, témoins du passé, sont entachées de doutes.
Mais celles à venir, cheminant entre rires et soupirs,
Me verront voyager vers les destinations auxquelles j'aspire.

Mon moteur jamais ne s'essouffle et mon essence n'a pas de prix.
Même à bout de force il n'y a pas de limites à la volonté de l'esprit.

Alors entre tenir ou courir, j'ai pas mis longtemps à choisir.
J'ai pris comme bagages souvenirs et désirs.
Posée sur un banc, j'ai suspendu le temps pour réfléchir.
Puis l'autoroute de la vie m'a permis de me remettre en selle,
D'user sur d'inhabituels territoires mes insouciantes semelles.

Alors, au final, dis moi : vaut-il mieux courir que tenir ?
Ou bien tenir que courir ?

Après cette expédition terre à terre, calmée dans mes pantoufles,
J'prends conscience que l'existence est une bien étrange balade
Qui nous trimballe d'une nature calme à d'insidieuses barricades.

Alors le constat que je maintiendrai jusqu'au dernier souffle
Est qu'en fin de compte il vaut mieux tenir que courir.
En fin de compte, plutôt tenir que courir.

© Slamity Jane - SACEM

11 août 2022

L'antidote

La consternation me frôle.
Je constate chez l'Homme
De drôles syndromes
D'une maladie traître,
Établie de longue date.
Qui mène l'humain
À être prit par la main
Pour savoir qui être.
Vois, son spectre plane
Et glane les gens perdus.
Pendus à leurs incertitudes.
Elle leur donne la latitude,
Leur dicte leurs attitudes
Quelles sont leurs habitudes.
Dès le départ, pas immunisés.
En phase finale, déshumanisés.

Il est si morne
D'être dans les normes.
Dépasser les bornes
Partout imposées.
Réparer le mal causé.
Ne point être conforme
Ni dans le fond
Ni dans la forme.
C'est vraiment si bon.
Se moquer de sa cote.
Injecter l'antidote.

Des milliards d'individus
À la quête assidue
De ce qu'ils sont.
Certains mordent à l'hameçon
De l'uniformisation insigne
D'une société indigne
De leurs diversités.
D'autres bravent ce cyclone,
Assument leur personnalité.
À l'opposé de ces clones
Aux identités identiques.
Résultats synthétiques.
Ils ont l'esprit fantasque
Passant pour marginaux
Car osent être originaux.
Au sommet de leurs frasques
Ils ôtent leurs masques.
À l'aisance affichée
C'est sans clichés
Qu'on ne peut les ficher.

Il est si morne
D'être dans les normes.
Dépasser les bornes
Partout imposées.
Réparer le mal causé.
Ne point être conforme
Ni dans le fond
Ni dans la forme.
C'est vraiment si bon.
Se moquer de sa cote.
Injecter l'antidote.

Plus de propagande
De marchands de tapis
Qui été tapie partout,
Génératrice de pâles copies.
Vues comme des atouts,
Différences en offrandes
À tous leurs semblables.
Divergences familières.
Une fraternité probable.
Unité à part entière
Au sein de la fourmilière.
Une par une les doctrines
Tombent au puits des origines.
À l'union arc-en-ciel des peaux.
L'authenticité pour drapeau.
Que jamais les goûts variés
Ne se versent dans ce tout-à-l'égoût.
Ne servent ce ramassis avarié.

Il est si morne
D'être dans les normes.
Dépasser les bornes
Partout imposées.
Réparer le mal causé.
Ne point être conforme
Ni dans le fond
Ni dans la forme.
C'est vraiment si bon.
Se moquer de sa cote.
Injecter l'antidote.

Pas question de se laisser lissé.
Les parjures, les faire glisser
Ainsi que leur kyrielle
De grossières injures.
Chacun avec ses aspérités
Sur cette toile plurielle
A sa touche à apporter.
Pas sages comme des images
Car animés par la liberté.
Jamais ne se défilent
Les pantins affranchis des fils.
Là, la piste se dessine
Ils déposent leurs empreintes
Pour ceux qui l'emprunte.
Tous y chemine,
Nul besoin d'un permis.
Ceux qui ne se sont pas compromis
On tout à y gagner, promis.

03 août 2022

S'écrire

Prendre la plume pour écrire un texte engagé.
Au trône de la réalité, faire ses convictions siéger.
Afin que nos droits soient sereins, non pas fustigés
Au profit d'un système carcéral qui nous a piégé.
Des barreaux ne nous faisant taire, plutôt enrager.
Nous sommes maîtres de nos pensées, même affligés.
Mais la tête sous l'eau, il devient impossible de songer.
Au quotidien c'est notre argent que l'on doit allonger,
Pour survivre dans le matériel et ne pas plonger.
La conscience peut évoluer en palpable objet.
Peu importe le verbe imposé. Sais faire de toi le sujet.
Écrit sans craindre les exclamations. Souligne les préjugés.
Lorsque la société te censurera avec son devoir de te juger,
C'est la liste des faits à dénoncer qui se verra prolongée.
Si nos stylos pleurent pour la liberté d'expression figée,
Nos esprits n'ont pas souvenir qu'une stèle lui ai été érigée.
Alors continuons de la faire vivre, sans cesse revue et corrigée.

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se libérer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

Aérer son cœur pour écrire une lettre d'amour.
Ouvrir la porte au lieu de la fermer à double tour.
Comme un hymne aux êtres chers qui nous entourent.
Leurs paroles sont pures, parfois dures, bénéfiques toujours.
Même leurs silences expriment une fidélité sans recours.
Le partage est scellé, tel un pacte excluant un retour.
Leur signature : un sourire, un geste, un simple bonjour ;
Car en sentiment il n'y a pas besoin de long discours.
Au moindre vague à l'âme, lame de fond, ils accourent.
Du cadran les aiguilles ont déjà fait le tour.
Les moments passés avec eux sont vraiment trop courts.
Ils parent nos lieux habituels des plus beaux atours.
Ensemble du monde nous redessinons les contours.
Les fardeaux partagés semblent beaucoup moins lourds.
Pour tout cela, ils méritent des déclarations de troubadour :
Que les mots aient la fraîcheur des premiers jours,
La beauté des richesses qu'ils sèment sur nos parcours.

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se libérer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

Écrire comme se propage une marée noire.
Noircir des pages pour crier son désespoir.
À vif, sur le fil du rasoir
Trancher les attentes illusoires.
Sortir la boîte de Pandore du tiroir
Afin de la sceller d'un indestructible fermoir.
Exorciser les démons pour ne pas choir,
Ne pas finir broyé entre leurs mâchoires.
Avoir gagné au moins une victoire.
Comme on agiterait un mouchoir,
Au revoir la tristesse et son frêle bougeoir.
Prendre le stylo comme exutoire,
La clé pour s'évader de l'étouffoir,
Trouver une autre issue à l'histoire.
À la source de l'encrier, croire
En la renaissance ; enfin s'émouvoir.
L'écriture a ce magique pouvoir.

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se libérer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

Printemps des poètes

Je vous invite à découvrir les textes que j'ai écris à l'occasion des diverses éditions du Printemps des poètes


L'ARDEUR

Que serions nous sans ardeur ?
De simples pantins
Aux mains du destin
Privés des grands festins

Alors nous devons croire corps et âme.
Sans cesse raviver notre flamme.
Défendre ce qui nous est cher
En humains plein d'esprit et de chair.
Entrer dans le cercle vertueux,
Toujours déterminés et impétueux.
Les yeux bien ouverts et sans arrêt,
Esquiver un à un les leurres,
Protéger ce qui nous tient à cœur
Contre dangers, vents et marées.
Avec la fougue de la jeunesse
Ou la sage mesure de la vieillesse,
Que seule nous guide notre foi,
La force ancrée pour unique loi.

Que serions nous sans ardeur ?
De simples pantins
Aux mains du destin
Privés des grands festins

L'ardeur, alliage de volonté et de ténacité
Qui attise notre vivacité.
Se jeter, vaillant, dans la bataille
Malgré les doutes tenaillant
Car nos convictions sont de taille
Pour nous faire gagner nos luttes.
S'attacher à ce qui nous grise
Et finalement pouvoir lâcher prise
Seulement après avoir atteint nos buts.
La réponse est en ses vibratoires échos.
Avec la vigueur d'un coriace coquelicot,
La ferveur éclate au milieu des déserts,
Efface la rigueur des longs hivers
Et éclosent des spirées de désirs.

Pourquoi devrions nous avoir à choisir
Parmi tout ce qui nous consume ?
Comme nos rêves d'enfants à la craie
Dissipons les assaillantes brumes,
Surtout nourrissons notre feu sacré.

Que sommes nous avec ardeur ?
Plus des pantins
Mais des maîtres du destin
Savourant les grands festins


20 SECONDES DE COURAGE

20 secondes de courage
Suffisent pour scier les barreaux
Dont nous sommes otages.
20 secondes de courage
Pour foncer comme un taureau.
Prendre les choses en main
Au lieu de les laisser s'échapper.
Ne plus seulement remettre à demain
Ce que le temps peut facilement happer.
Trop humain, défier les cieux.
20 secondes de courage
Pour oser ouvrir les yeux
Sur la laideur qui nous entoure.
Où nous combattons la torpeur
Que la peur a semé sur son passage.
20 secondes pour refaire le parcours
Puis pouvoir avancer tout droit,
Tourner définitivement la page.
Tout est possible à qui est adroit.
20 secondes de courage
Et soudain tout devient limpide.
20 secondes de courage
Pour oser sauter encore dans le vide
Après avoir affronté l'inévitable chute.
Se trouver un véritable but,
Mettre un terme à la lutte
Et se donner corps et âme.
Là est notre sésame
Pour enfin lâcher prise,
Se libérer des nocives emprises.

20 secondes
C'est juste le temps nécessaire
Afin de se sentir de taille
À se jeter dans la bataille,
Quel que soit l'adversaire.
Ne plus être lâche, juste sincère.
20 secondes droit dans ses bottes
Et pour toujours avec la tête haute.
20 secondes de courage
Pour mettre fin à toutes mascarades.
Au risque de se prendre une douche froide
Après avoir subi les flammes.
Afin d'apaiser notre dévorante rage.
20 secondes de courage,
Coup d'éclat responsable,
Par lequel la vie n'est plus un drame.
Permettant de faire un choix,
Sans vraiment savoir où l'on va.
Pour ôter de la roue le grain de sable
Et que s'impose l'évidence.
Où se brise le silence
S'énonce clairement l'imprononçable.
20 secondes de courage
Pour faire passer son message
Après être resté trop longtemps muet,
Que le cœur se soit trop serré.
20 secondes de courage
Pour affronter le regard de l'Autre
Lorsqu'il nous a foudroyé.
20 secondes où l'on ne baisse pas le nôtre.
Bravant ceux qui se sont trop octroyé
De liberté et nous en ont privé.
20 secondes de courage
Pour aussi se remettre en question,
Abandonner certaines convictions.
20 secondes de courage
Faîtes pour se pardonner.
Grâce auxquelles on reçoit
Tout autant que l'on a donné.

Quoi qu'il en soit
20 secondes de courage,
De cela il ne faut pas douter,
Peuvent à jamais tout changer.


DÉSIRS PLURIELS

Désirer ce que l'on ne peut avoir,
Obscur refus de le voir.
Une obsession virale.
Pris dans une spirale infernale,
Lancé dans une quête d'absolu,
Y chercher son salut.
Ne jamais abdiquer,
Fou rêveur appliqué.
Sans cesse faire le grand saut.
Sans cesse partir à l'assaut
De l'étoile qui scintille,
Inaccessible là haut.
Celle qui dans nos yeux brille.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.

Envier ce qu'à son prochain :
Un amour, une amitié,
Le dernier truc à la mode ;
En espérant vivre avec entrain,
Voilà qui n'est pas commode.
Par contre c'est parfait
Pour vivre dans son entier
L'état de manque permanent,
Passer à côté d'ici, de maintenant.
Heureux celui qui se défait
Des liens de la jalousie,
La voyant comme hérésie
À la notion même de bonheur.
Qui ne vit que de candeur.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.

Je tatoue sur ma peau
L'empreinte de ton désir,
Esquisse peinte du plaisir.
Ton regard est caresse
Qui glisse comme l'eau,
Entre pur sexe et tendresse.
Je cède à l'attraction,
Tombe en vertige de sensations.
Tes mots chauds à mon oreille
Chassent le sommeil.
Ensemble nous sommes prolixes.
Les acteurs sans pareil
D'une histoire classée X.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.

Une envie de partage,
Tirer des traits d'union.
De solitude de passage,
Fuir les réunions.
Ribambelle de désirs pluriels,
Aux envies singulières
Qui envahissent tel le lierre
Nos passages à vide d'hier,
Avalanche sensorielle.
Avides de goûter à tout,
Se satisfaisant d'un rien partout.
Désireux de ne plus perdre une goutte
Des plaisirs s'offrant sur la route.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.


DÉSIR PROSTITUÉ

Votre désir n'est pas le mien,
Je suis juste là pour vous faire du bien.
Alors que vous faites votre affaire,
Je me tue à la besogne.
Bienvenu dans mon enfer,
Dans mon cœur la tristesse cogne.
Oui, vous vous méprenez,
Je ne jouis pas quand vous me prenez.
Je quitte mon corps,
Sous le vôtre enfiévré,
J'n'entends plus vos « encore, encore ».
Je ne suis délivrée
Que lorsque vient votre petite mort.
Je fais partie du décor,
Objet de vos fantasmes.
Lorsque se referme la porte
J'aimerai que le diable vous emporte.
Je sombre dans le marasme
Alors que je vous vois partir
Avec sur le visage, un large sourire.

Je suis une prostituée
Juste là pour vous servir
Je suis une prostituée
Faire l'amour n'est pas mon avenir.

Je ne suis à eux qu'un instant,
Le temps de les divertir
De leur quotidien fade,
Je ne m'amuse pas pour autant.
Le mien est maussade.
Et ma beauté de se ternir.
Ils aiment me savoir à eux offerte.
Me vois irrésistible abeille
Qui pour un peu d'oseille
Accepte leur miel vénéneux.
Entre mes cuisses ouvertes
J'accueille les plus libidineux,
Voir les plus obscènes ;
Habituée à ces sordides scènes,
À l'abandon et aux fracas.
Certains sont plus délicats,
Susurrant même des mots d'amour,
Qu'il me plaît à répéter à l'infini…
Mais ils se meurent au petit jour,
Lover dans les draps froids dès l'acte fini.

Je suis une prostituée
Juste là pour vous servir
Je suis une prostituée
Faire l'amour n'est pas mon avenir.

On m'appelle « fille de joie »,
Sauf qu'il n'y en a pas pour moi.
À la lumière du lampadaire
Je blêmis et manque d'air.
Mes attentes restent sur le trottoir,
C'est toujours la même histoire.
Je ne suis qu'un fantôme
Hantant l'esprit des hommes.
Je suis source de plaisir,
Tarie par la sécheresse
De ceux qui me veulent pécheresse,
Clouée au lit à loisir.
Ils en ont pour leur argent
Et c'est moi qui en paye le prix,
Récoltant le terrible mépris
De la plupart des gens.
Il est devenu ordinaire
De me nommer de manière vulgaire
« la putain »...

Et entre vos mains
Je ne suis plus qu'un pantin.

Je suis une prostituée
Juste là pour vous servir
Je suis une prostituée
Faire l'amour n'est pas mon avenir.


L'ÉPHÉMÈRE

Je suis un éphémère
L'espace d'un bref instant
Apparu sous ton regard.
De ces signes que l'on attend.
Envolé de mes ailes fragiles
Telles les secondes agiles.
Cela fait longtemps
Que tu ne crois plus au hasard.
Pourtant je n'ai fait que passer
Laissant une trace sensorielle,
Une empreinte intemporelle.
Réparant une part de toi cassée.

Tu as vu un bon présage
Dans mon passage,
Tu as su que tu saisirais
L'insolente beauté fugitive
Et qu'elle durerait.

Tu chéris ma présence furtive.
À présent dans ta mémoire,
Je suis un souvenir d'espoir.
Rencontre de deux mortels
À la portée éternelle.


LE SAGE

C'est à force de patience
Que de savourer il a cultivé la science.
C'est avec les années qu'il est devenu
Contemplatif et conservateur du beau.

Il est loin le temps où il était ingénu.
Suivant indolent le vol du corbeau.
Il a tant de fois questionné les nues,
Se demandant quels étaient ses desseins.

Il a poursuivi, conquérant, son chemin,
Le cœur empli d'espoir pour demain.
Dédaignant l'oubli assassin.
Il en a vu des bons moments s'évaporer
Mais n'est pas pour autant éploré.

Il a gravé avec amour en son sein
Les beaux instants enfuis.
Il les revit à sa guise avec nostalgie,
Chasse la peur de l'éphémère lorsqu'elle surgit.

Il sait que courte est la course de la vie.
Même prompt, personne n'en réchappe.
Pour réaliser ses chenues envies
Il faut toujours garder le cap.

Il laisse partir ce qui lui échappe.
Garde l'essentiel et l'immortalise.
En toute occasion il relativise.
Le passé en gardien de ses souvenirs.

Lorsque la mort viendra le chercher
Il aura longtemps marché
Et s'en ira avec le sourire
De ceux pour qui le temps n'est pas un martyre.

25 juillet 2022

Énergie positive

L'énergie positive circule
Déjouant les mauvais calculs
Et les ondes négatives s'annulent.

Elle répulse ce qui est décevant.
Nous pousse vers l'avant.
En rappel quand on souffre,
Qu'on a sombré dans le gouffre,
Elle nous en fait sortir.
Il nous faut la saisir
Dès qu'on la voit surgir.
Tous dans la même file d'attente.
En relais, diffusons la au suivant ;
Que sa réalité sans saveur
Soudainement se pimente.
Qu'il se sente vivant.
Que ses jours sans couleurs
Des nôtres se pigmentent.

L'énergie positive, l'énergie positive
C'est addictif d'être positif (x2)

L'énergie positive s'active
En inépuisable locomotive.
D'elle même elle s'impose
Pour ne pas qu'on implose.
Une extraordinaire dynamique
Aux dimensions cosmiques.
Inexorablement elle explose
Comme de la dynamite.
Elle mérite qu'on s'y expose.
Elle n'est pas un mythe.
Quand des inconnus communient
Rejetant le déni.
Par ce flux d'échanges
Chacun gagne au change.
L'univers est tel qu'on l'invente,
Tel ce qui l'alimente.
Alors n'écoutons pas les avorteurs
Et soyons les vecteurs...

... De l'énergie positive, de l'énergie positive
C'est addictif d'être positif (x2)

Extrait de mon 3éme album "Côté Cœur"
En écoute sur ma chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=BSEChTqMH4M&list=PLGuCU5GMPtysX3LIFda6tzTvQk50qU-wI
ainsi que sur mon site

Naturel

Quand tout nous paraît trop austère,
Parqués dans un univers artificiel,
Qu'il nous manque souvent l'essentiel,
Il est urgent de se mettre au vert,
De s'évader à l'appel de la terre.
Les pensées sauvageonnes bourgeonnent.
Épanoui enfin l'esprit se polit,
À l'image de ce brillant rocher
Enjolivé par l'œuvre de la rivière.
Repos mérité, se coucher dans son lit.
La nature, elle, recueille nos prières.
Gorgée de soleil et de splendeurs,
Submergée par une fluide candeur
L'âme est sertie de somptueuses pierres.

Nous sommes des graines
Faîtes pour fleurir le futur.
À foison des boutures
Contre ce qui nous gangrène.

Le corps est en paix, devient végétal.
Poussées par un vigoureux essor
S'étendent nos écarlates pétales
Colorant notre impétueux sort.
Ayant quitté l'état de bouton,
Couper les lianes nous enserrant.
Calmes et néanmoins persévérants
Telle une plante perçant le béton.
S'ouvrir à ce qui permet d'éclore.
Apaisés, voir des cycles se clorent
Et renaître comme autant de floraisons.
Stopper net notre effrénée course.
Notre essence coule de source,
Purifiée des virulents poisons.

Nous sommes des graines
Faîtes pour fleurir le futur.
À foison des boutures
Contre ce qui nous gangrène.

Extrait de mon 3éme album "Côté Cœur"
En écoute sur ma chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=BSEChTqMH4M&list=PLGuCU5GMPtysX3LIFda6tzTvQk50qU-wI
ainsi que sur mon site

19 juillet 2022

La brève

Je vais vous conter une petite histoire
Sous la forme d'une brève de comptoir.

J'en ai vu s'enfiler à la chaîne des vers,
Comme enivrés par une soif insatiable.
Une parole prononcée annonce un verre.
En réalité en litres ils versent leur flow.
Ils n'ont pas peur de paraître controversés.
Ils s'exhibent contre un verset ou une prose.
Le cœur à nu ils osent enchaîner les maux
Au micro, se délivrent parfois paranos
À la faveur des clameurs et bons mots.
Ils se saoulent des paroles de lueurs
Afin de débaucher un peu mieux la leur.
C'est à l'eau de vie qu'ils se vivifient,
C'est par elle qu'ils deviennent versatiles.
Ils sont d'étranges volatiles de la nuit.
Vous dérangent paraît-il par leur ivresse.

À la main ils ont un stylo et une feuille.
Remplaçant les lampées de Kronenbourg
Dans lesquelles ils noyaient leurs écueils.
Ils se sont fait adeptes des calembours.
Ceux bourrés de talent demeurent sobres.
En plein mois d'octobre ou en avril
Beaucoup ne se découvrent pas d'un fil.
Cependant show men dans le concept
Au pied de la lettre ils vous interceptent
Quand de silences ils se sont trop abreuvés.
Leur véritable identité se révèle alors.
Peu pudique quand il s'agit d'être ludique,
Les jeux de mots sont leurs exutoires.

Oui c'est certain, j'en ai vu des boire.
Mais aussi, et surtout, de nombreux déboires.
Se ne sont des élucubrations d'ivrognes
Qui dans les bars jusqu'au petit jour résonnent.
Mieux que l'alcool le partage délie les langues
Et les voix décollent s'imbibant d'éloquence.
Il subsiste de la violence dans les propos...
Après tout l'auteur aussi a ses défauts.

Il distille dans la salle tout ce qui lui reste.
Reprend sa veste en voyant la fin arriver.
Absorbe les quelques vers restant à écouter.
Puis il s'en retourne chez lui empli d'échos.
La face marquée d'une sourire mélancolique.
Après avoir formulé la promesse qu'il reviendra,
Que de son formidab' Art il sera encore le pilier.

Il sait que ses écrits resteront gravés en ces lieux.
On se souviendra d'eux et on oubliera son nom.