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17 août 2022

En poésie

Habiter en poésie
C'est faire chanter le silence
En harmonie avec son âme,
Écouter ce que dictent ses sens.

C'est semer de la fantaisie
Dans un univers terne.
Gratter la rouille,
La poussière du temps
Depuis longtemps déposées
Sur nos cœurs en berne.
S'accorder une trêve.
Suspendre l'instant
À l'étoile de nos rêves.
Surprendre le lecteur
À des endroits qu'il ne connaissait pas.
. C'est s'inscrire dans la marge.
Semer quelques messages
Le long de son passage.
C'est laisser sa muse s'exprimer
Au nom de tous les opprimés.
Écrire partout, sur les murs,
S'accorder au passé, présent et futur.
Aussi savoir tourner la page,
Lire à travers les ratures.

S'inspirer de la nature,
Couper l'herbe sous le pied
De ceux qui la souille.
Sentir couler en soi la sève
Des mots à la force vitale,
L'énergie qui nous sied.
Une écriture végétale.
Chaque ondée d'inspiration,
Chaque nouvelle respiration,
Fait germer la beauté
Partout où passe la plume.

De la joie à l'amertume,
En passant par l'amour et la cruauté,
Les poètes ravivent la flamme
Aux bois dont ils se chauffent.
Debout au sein d'une foule
Qui sous les mauvais vents croule,
Ils bousculent et apostrophent,
Avec des mots plein de douceur
Ou tranchants comme une lame.
Ils expriment leur ardeur,
Ce jusqu'à pas d'heure.

Habiter en poésie
C'est redonner de la splendeur
À tout ce qui fane.
Un frisson parcourt la feuille,
Transporte celui qui l'accueille.

Compter, ou pas, ses pieds
Quand seule compte la mesure
De nos émotions émerveillées.
Battre le fer tant qu'il est chaud.
Condamner la violence
Par la justesse de ses sentences.
Faire usage du faux
Seulement pour mieux révéler le vrai.
Le moment de se mettre à nu est venu
Alors on abandonne l'armure.
Tout est bon pour se délivrer,
Du cri de colère aux murmures.

Être poète
C'est être habité par la poésie.
Lui laisser la clé de notre esprit
Lorsqu'elle nous a choisi.
Ne pas croire au hasard.
C'est faire de ce noble art
Un passe-temps de prédilection.
C'est trouver des mots de collection,
De véritables trésors,
Fouillant dans de grands paniers
Dans de vieux greniers.
Leur faire prendre la lumière,
Là, couchés sur le papier.
C'est être chercheur d'or,
Attendant la fameuse pépite
Faisant de nous un être riche.
Elle sera la raison de sa quête.
Accueillir en soi ce qui palpite
Au sein vivant de l'univers.
C'est mener l'enquête
Épris d'inédit et de faits divers.
C'est, pour celui qui s'endort,
Voir ses songes éclore
Sur des feuilles immaculées.
En effeuiller les pétales
Pour atteindre le cœur.
C'est se libérer de ses peurs,
Exorciser tous les démons,
Oublier leurs sermons.
C'est être un miraculé.
C'est faire naître le sens
De l'insondable néant.
C'est être sur son séant,
À la fois si présent et absent,
Et voir son âme s'envoler.
La poésie est l'essence.
La source de toute chose.

Vivre de poésie,
C'est choisir le chemin le plus beau,
Aspirer à monter toujours plus haut.
Peindre la vie toujours plus rose.
C'est raconter son histoire,
Y ajouter des enluminures.
La croiser avec celle de son prochain,
Tel on le prendrait par la main.
Mêlée à celle en lettre majuscule,
C'est la graver pour l'éternité,
Lui accorder de la légitimité.

C'est notre chance de laisser une trace
Lorsque la faux menace la vie fugace.
Poésie en offrande sur le divin autel.
Se saisir de la magie à portée de main
Du commun des mortels.

© Slamity Jane - SACEM

31 mai 2022

Créer le beau

C'est à nous de créer le beau, même si cela représente un travail colossal face aux destructions causées par le laid et le mal. Propagateurs de lumière pour faire reculer l'obscurité et l'obscurantisme. Il nous faudra beaucoup d'imagination ainsi que du courage pour ne pas se perdre dans l'insipide et la facilité. À l'inverse de ceux qui ne laissent que des cendres dont rien ne renaît.

C'est souvent sans faste que l'on exorcise le néfaste. Sans fard, chacun peut apporter ses prières, sa pierre à l'édifice. Qu'à travers le temps il reste solide. Qu'aucun dogme, aucune violence ne puissent le détruire.

Au sein de nos actes habituels, de nos échanges avec l'Autre, tout doit glorifier le beau, même s'il est subjectif. Nous sommes tous artistes car architectes du quotidien. Les mots, la peinture, la photographie, ainsi que toutes les autres formes d'expression ne sont que les moyens de transmettre des valeurs fondamentales.

Le beau est du ressort des plus forts qui lui réservent le meilleur des sorts. Ceux qui possèdent la notion du sacrifice. C'est sans artifices qu'ils donnent de leur personne à qui le veux bien. Créateurs de ce qui est essentiel à tout le monde et porteurs de messages universels salvateurs. Pas objecteurs de consciences mais permettant au contraire de la construire.

Que de nos partages, les nouvelles générations aient en héritage la foi de bâtir des ponts plutôt que de dresser des murs ; la tolérance des points de vue divergents pour mettre en exergue la richesse qu'est la multitude des approches.

Bien sûr cela suppose de subir des peines à haute dose. Dur apprentissage lorsque l'on s'expose au pire pour lui opposer son essence la plus pure.

La beauté sous toutes ses formes est une muse vitale, la seule vérité absolue.

Créer le beau, car il est simplement donné à l'Homme de le faire et que c'est une nécessité humaine pour se prouver que notre existence n'est pas vaine.

09 mai 2022

Démo de mots et Mots passants

DÉMO DE MOTS

Lorsque je n'écris pas
J'agis aussi, je parle.
Quand je parle, je râle.
À une lettre près
C'est la même chose.
En prose je m'exerce,
J'expulse ce qui m'exècre.
Il faut que ça pulse,
Tant pis si lui se tait.

Inutile de ne pas mots dire.
Inutile de ne pas maudire.

Il y a tant de mots.

Un peu trop
Pour les extravertis.
Ils se font petits
Pour les timorés.

De ceux anciens.
Voir parfois démodés.
Messagers de foi
De sincères odes
Aux temps passés ;
Obsolètes au présent,
On pressent facilement
Les bonds de nos doyens
De les voir si moribonds.

Ceux, bien plus courts,
Défavorisant le discours,
Que l'on dira modernes,
Voir SMSer...

Il y en a pour les grimauds
Dont les maux en fouillis
Ne doivent rester enfouis.

Il y en a en motifs
Affichés sur les murs,
Monopolisant l'attention.
Ils créent la tension
Autant qu'ils mobilisent.
Ils laissent une trace,
Si le temps ne les effacent
Alors il les héroïse.

Certains, monogames,
Ne peuvent se marier
Qu'à peu de mots,
Un seul leur sied
Pour composer leurs gammes.

D'autres rendent riches,
Tant ils ont de sens.
Parfois même un double
Pour les moqueries.
Aussi pour les insensés.
Ceux parlant monnaie
Que l'on peut brader
Car trop modiques.
D'autres plus modestes
Ayant plus de prix.

Pour les maussades,
Ils deviennent ternes.
Pour les optimistes
Il faut qu'on les alternent.

Certains pour émotifs,
D'autres en molards
Que l'on crache au visage.
Ceux là molestent,
Et agissent sans mobile.
Il est des mots lestes
Glissant entre les lèvres.
Puis les frisant la fièvre,
Échangés dans des motels.
Ceux qui créent l'osmose,
Pour peu qu'on les osent.

Il ne faut rester motus
Et bouche cousue
De fils blancs,
Quand les mots vrais
Peuvent nous délivrer.

Il en faut pour les émois, et moi.

Et moi...
Je veux des mots tabous,
Et de ceux de tous les jours.
Aussi de ceux en boutades
Pour « grands » et marmots.
Qu'on les hurlent ;
Qu'on les marmonnent,
Ils méritent qu'on les entonnent.

Ils sont mon éthique.
J'en ai fait mon leitmotiv.
Quand rien ne motive.
Partout je les pratique.
A la ville, à la campagne
Ils m'accompagnent.
Car urbains, des hameaux,
Ils mobilisent toujours.
Aucun ne laisse amorphe,
Je vous en fais ici la démo.


MOTS PASSANTS

Dans la caboche les mots à dire.
Ceux pour maudire comme les plus moches.
En pleine amertume, un maux ment.
À l'instant d'une peine de sincérité.

Est là, l'altérité de l'émotif,
D'où les motifs sur sa page.

Il n'y a plus qu'un mot d'ordre :
Que cessent de se tordre les idées
Dans la confusion de la détresse.

L'animosité issue de la morosité.
Aussi si déçus, les mots ne sont pas roses.

Parler, pour ne pas rester motus
Et bouche cousue de fils blancs.
La parole se défile à notre insu.
Démolir pour mieux construire.
S'instruire quitte à en molester
Ceux qui font figures de l'esthète.
Rien ne peux arrêter l'hémorragie
Lorsqu'il s'agit d'être en veine.
En locomotive, à en perdre haleine
Quand le ressenti va de pair
Avec les valeurs qui nous motive.

Diffuser ce remède moderne
En a modifié plus d'un et une ;
Modèle édifié en cette démo.

Et là, en faisant du mot à mot ;
Se satisfaisant de modestie,
Se trouve le mobile travesti.

« Les mots aimants.
Les mots d'amant.
Les mots d'avant
Sont nôtres dorénavant. »