08 août 2022

Myosotis

Je sème des pétales de myosotis
Sur la route où l'oubli s'immisce.
Lasse, je perds mes repères.
Les gens qui m'aiment tissent
Des instants aux instincts éphémères.
Je ne me rappelle plus d'où je viens.
Le chemin qu'il me reste s'écourte.
Mon nom, c'est à peine si je m'en souviens.
C'est fou ce que j'ai la mémoire courte.
Qui est cette personne dans la glace ?
Inexorablement le passé s'efface
Et ne laisse derrière lui aucune trace.

Ne m'oubliez pas,
Vous êtes ma mémoire.
La fleur de l'âge
Est un naufrage
Fait de trous noirs.
Ne m'oubliez pas
Vous conterez mon histoire.

Les années ont vu les souvenirs se faner,
Aux oubliettes ce que j'ai glané.
Je ne sais plus ce que j'ai bâti,
Combien d'êtres chers sont partis.
Abatis de songes flous,
Nature morte d'émois,
Mon esprit s'amenuise à quelques mois.
Devenue étrangère à moi même,
Vous m'évoquez ce que j'étais autrefois.
Semblant briser le terrible anathème,
Des bribes de vie parfois reviennent
Quand vos mains tiennent la mienne.
Alors heureuse je me remémore
Ce qui en moi sommeille,
Comme au sortir d'une longue veille.
C'est grâce à vous que j'existe encore.

Ne m'oubliez pas,
Vous êtes ma mémoire.
La fleur de l'âge
Est un naufrage
Fait de trous noirs.
Ne m'oubliez pas
Vous conterez mon histoire.

Mon front est ridé par l'amnésie.
Vos sourires réchauffent les hivers
Frileux de ma vieillesse transie.
Un peu de bonheur et d'ambroisie,
Là où la mélancolie du crépuscule
Teinte de bleu les aubes d'antan.
Vous qui surveillez la pendule,
Si vous voyez des myosotis fleurir
Rappelez vous qu'il faut chérir
Chaque moment offert
Avant que ne les emportent le temps.

© Slamity Jane - SACEM

03 août 2022

S'écrire

Prendre la plume pour écrire un texte engagé.
Au trône de la réalité, faire ses convictions siéger.
Afin que nos droits soient sereins, non pas fustigés
Au profit d'un système carcéral qui nous a piégé.
Des barreaux ne nous faisant taire, plutôt enrager.
Nous sommes maîtres de nos pensées, même affligés.
Mais la tête sous l'eau, il devient impossible de songer.
Au quotidien c'est notre argent que l'on doit allonger,
Pour survivre dans le matériel et ne pas plonger.
La conscience peut évoluer en palpable objet.
Peu importe le verbe imposé. Sais faire de toi le sujet.
Écrit sans craindre les exclamations. Souligne les préjugés.
Lorsque la société te censurera avec son devoir de te juger,
C'est la liste des faits à dénoncer qui se verra prolongée.
Si nos stylos pleurent pour la liberté d'expression figée,
Nos esprits n'ont pas souvenir qu'une stèle lui ai été érigée.
Alors continuons de la faire vivre, sans cesse revue et corrigée.

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se libérer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

Aérer son cœur pour écrire une lettre d'amour.
Ouvrir la porte au lieu de la fermer à double tour.
Comme un hymne aux êtres chers qui nous entourent.
Leurs paroles sont pures, parfois dures, bénéfiques toujours.
Même leurs silences expriment une fidélité sans recours.
Le partage est scellé, tel un pacte excluant un retour.
Leur signature : un sourire, un geste, un simple bonjour ;
Car en sentiment il n'y a pas besoin de long discours.
Au moindre vague à l'âme, lame de fond, ils accourent.
Du cadran les aiguilles ont déjà fait le tour.
Les moments passés avec eux sont vraiment trop courts.
Ils parent nos lieux habituels des plus beaux atours.
Ensemble du monde nous redessinons les contours.
Les fardeaux partagés semblent beaucoup moins lourds.
Pour tout cela, ils méritent des déclarations de troubadour :
Que les mots aient la fraîcheur des premiers jours,
La beauté des richesses qu'ils sèment sur nos parcours.

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se libérer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

Écrire comme se propage une marée noire.
Noircir des pages pour crier son désespoir.
À vif, sur le fil du rasoir
Trancher les attentes illusoires.
Sortir la boîte de Pandore du tiroir
Afin de la sceller d'un indestructible fermoir.
Exorciser les démons pour ne pas choir,
Ne pas finir broyé entre leurs mâchoires.
Avoir gagné au moins une victoire.
Comme on agiterait un mouchoir,
Au revoir la tristesse et son frêle bougeoir.
Prendre le stylo comme exutoire,
La clé pour s'évader de l'étouffoir,
Trouver une autre issue à l'histoire.
À la source de l'encrier, croire
En la renaissance ; enfin s'émouvoir.
L'écriture a ce magique pouvoir.

Écrire comme un accouchement verbal illégal que l'on assume.
Écrire pour ceux que l'on aime, se libérer de son amertume.
Écrire simplement pour libérer toute la ferveur de sa plume.

Printemps des poètes

Je vous invite à découvrir les textes que j'ai écris à l'occasion des diverses éditions du Printemps des poètes


L'ARDEUR

Que serions nous sans ardeur ?
De simples pantins
Aux mains du destin
Privés des grands festins

Alors nous devons croire corps et âme.
Sans cesse raviver notre flamme.
Défendre ce qui nous est cher
En humains plein d'esprit et de chair.
Entrer dans le cercle vertueux,
Toujours déterminés et impétueux.
Les yeux bien ouverts et sans arrêt,
Esquiver un à un les leurres,
Protéger ce qui nous tient à cœur
Contre dangers, vents et marées.
Avec la fougue de la jeunesse
Ou la sage mesure de la vieillesse,
Que seule nous guide notre foi,
La force ancrée pour unique loi.

Que serions nous sans ardeur ?
De simples pantins
Aux mains du destin
Privés des grands festins

L'ardeur, alliage de volonté et de ténacité
Qui attise notre vivacité.
Se jeter, vaillant, dans la bataille
Malgré les doutes tenaillant
Car nos convictions sont de taille
Pour nous faire gagner nos luttes.
S'attacher à ce qui nous grise
Et finalement pouvoir lâcher prise
Seulement après avoir atteint nos buts.
La réponse est en ses vibratoires échos.
Avec la vigueur d'un coriace coquelicot,
La ferveur éclate au milieu des déserts,
Efface la rigueur des longs hivers
Et éclosent des spirées de désirs.

Pourquoi devrions nous avoir à choisir
Parmi tout ce qui nous consume ?
Comme nos rêves d'enfants à la craie
Dissipons les assaillantes brumes,
Surtout nourrissons notre feu sacré.

Que sommes nous avec ardeur ?
Plus des pantins
Mais des maîtres du destin
Savourant les grands festins


20 SECONDES DE COURAGE

20 secondes de courage
Suffisent pour scier les barreaux
Dont nous sommes otages.
20 secondes de courage
Pour foncer comme un taureau.
Prendre les choses en main
Au lieu de les laisser s'échapper.
Ne plus seulement remettre à demain
Ce que le temps peut facilement happer.
Trop humain, défier les cieux.
20 secondes de courage
Pour oser ouvrir les yeux
Sur la laideur qui nous entoure.
Où nous combattons la torpeur
Que la peur a semé sur son passage.
20 secondes pour refaire le parcours
Puis pouvoir avancer tout droit,
Tourner définitivement la page.
Tout est possible à qui est adroit.
20 secondes de courage
Et soudain tout devient limpide.
20 secondes de courage
Pour oser sauter encore dans le vide
Après avoir affronté l'inévitable chute.
Se trouver un véritable but,
Mettre un terme à la lutte
Et se donner corps et âme.
Là est notre sésame
Pour enfin lâcher prise,
Se libérer des nocives emprises.

20 secondes
C'est juste le temps nécessaire
Afin de se sentir de taille
À se jeter dans la bataille,
Quel que soit l'adversaire.
Ne plus être lâche, juste sincère.
20 secondes droit dans ses bottes
Et pour toujours avec la tête haute.
20 secondes de courage
Pour mettre fin à toutes mascarades.
Au risque de se prendre une douche froide
Après avoir subi les flammes.
Afin d'apaiser notre dévorante rage.
20 secondes de courage,
Coup d'éclat responsable,
Par lequel la vie n'est plus un drame.
Permettant de faire un choix,
Sans vraiment savoir où l'on va.
Pour ôter de la roue le grain de sable
Et que s'impose l'évidence.
Où se brise le silence
S'énonce clairement l'imprononçable.
20 secondes de courage
Pour faire passer son message
Après être resté trop longtemps muet,
Que le cœur se soit trop serré.
20 secondes de courage
Pour affronter le regard de l'Autre
Lorsqu'il nous a foudroyé.
20 secondes où l'on ne baisse pas le nôtre.
Bravant ceux qui se sont trop octroyé
De liberté et nous en ont privé.
20 secondes de courage
Pour aussi se remettre en question,
Abandonner certaines convictions.
20 secondes de courage
Faîtes pour se pardonner.
Grâce auxquelles on reçoit
Tout autant que l'on a donné.

Quoi qu'il en soit
20 secondes de courage,
De cela il ne faut pas douter,
Peuvent à jamais tout changer.


DÉSIRS PLURIELS

Désirer ce que l'on ne peut avoir,
Obscur refus de le voir.
Une obsession virale.
Pris dans une spirale infernale,
Lancé dans une quête d'absolu,
Y chercher son salut.
Ne jamais abdiquer,
Fou rêveur appliqué.
Sans cesse faire le grand saut.
Sans cesse partir à l'assaut
De l'étoile qui scintille,
Inaccessible là haut.
Celle qui dans nos yeux brille.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.

Envier ce qu'à son prochain :
Un amour, une amitié,
Le dernier truc à la mode ;
En espérant vivre avec entrain,
Voilà qui n'est pas commode.
Par contre c'est parfait
Pour vivre dans son entier
L'état de manque permanent,
Passer à côté d'ici, de maintenant.
Heureux celui qui se défait
Des liens de la jalousie,
La voyant comme hérésie
À la notion même de bonheur.
Qui ne vit que de candeur.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.

Je tatoue sur ma peau
L'empreinte de ton désir,
Esquisse peinte du plaisir.
Ton regard est caresse
Qui glisse comme l'eau,
Entre pur sexe et tendresse.
Je cède à l'attraction,
Tombe en vertige de sensations.
Tes mots chauds à mon oreille
Chassent le sommeil.
Ensemble nous sommes prolixes.
Les acteurs sans pareil
D'une histoire classée X.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.

Une envie de partage,
Tirer des traits d'union.
De solitude de passage,
Fuir les réunions.
Ribambelle de désirs pluriels,
Aux envies singulières
Qui envahissent tel le lierre
Nos passages à vide d'hier,
Avalanche sensorielle.
Avides de goûter à tout,
Se satisfaisant d'un rien partout.
Désireux de ne plus perdre une goutte
Des plaisirs s'offrant sur la route.

Le désir et ses bienfaits.
Le désir et ses méfaits.
Le désir et ses mets fins,
Déplaisir des défunts.


DÉSIR PROSTITUÉ

Votre désir n'est pas le mien,
Je suis juste là pour vous faire du bien.
Alors que vous faites votre affaire,
Je me tue à la besogne.
Bienvenu dans mon enfer,
Dans mon cœur la tristesse cogne.
Oui, vous vous méprenez,
Je ne jouis pas quand vous me prenez.
Je quitte mon corps,
Sous le vôtre enfiévré,
J'n'entends plus vos « encore, encore ».
Je ne suis délivrée
Que lorsque vient votre petite mort.
Je fais partie du décor,
Objet de vos fantasmes.
Lorsque se referme la porte
J'aimerai que le diable vous emporte.
Je sombre dans le marasme
Alors que je vous vois partir
Avec sur le visage, un large sourire.

Je suis une prostituée
Juste là pour vous servir
Je suis une prostituée
Faire l'amour n'est pas mon avenir.

Je ne suis à eux qu'un instant,
Le temps de les divertir
De leur quotidien fade,
Je ne m'amuse pas pour autant.
Le mien est maussade.
Et ma beauté de se ternir.
Ils aiment me savoir à eux offerte.
Me vois irrésistible abeille
Qui pour un peu d'oseille
Accepte leur miel vénéneux.
Entre mes cuisses ouvertes
J'accueille les plus libidineux,
Voir les plus obscènes ;
Habituée à ces sordides scènes,
À l'abandon et aux fracas.
Certains sont plus délicats,
Susurrant même des mots d'amour,
Qu'il me plaît à répéter à l'infini…
Mais ils se meurent au petit jour,
Lover dans les draps froids dès l'acte fini.

Je suis une prostituée
Juste là pour vous servir
Je suis une prostituée
Faire l'amour n'est pas mon avenir.

On m'appelle « fille de joie »,
Sauf qu'il n'y en a pas pour moi.
À la lumière du lampadaire
Je blêmis et manque d'air.
Mes attentes restent sur le trottoir,
C'est toujours la même histoire.
Je ne suis qu'un fantôme
Hantant l'esprit des hommes.
Je suis source de plaisir,
Tarie par la sécheresse
De ceux qui me veulent pécheresse,
Clouée au lit à loisir.
Ils en ont pour leur argent
Et c'est moi qui en paye le prix,
Récoltant le terrible mépris
De la plupart des gens.
Il est devenu ordinaire
De me nommer de manière vulgaire
« la putain »...

Et entre vos mains
Je ne suis plus qu'un pantin.

Je suis une prostituée
Juste là pour vous servir
Je suis une prostituée
Faire l'amour n'est pas mon avenir.


L'ÉPHÉMÈRE

Je suis un éphémère
L'espace d'un bref instant
Apparu sous ton regard.
De ces signes que l'on attend.
Envolé de mes ailes fragiles
Telles les secondes agiles.
Cela fait longtemps
Que tu ne crois plus au hasard.
Pourtant je n'ai fait que passer
Laissant une trace sensorielle,
Une empreinte intemporelle.
Réparant une part de toi cassée.

Tu as vu un bon présage
Dans mon passage,
Tu as su que tu saisirais
L'insolente beauté fugitive
Et qu'elle durerait.

Tu chéris ma présence furtive.
À présent dans ta mémoire,
Je suis un souvenir d'espoir.
Rencontre de deux mortels
À la portée éternelle.


LE SAGE

C'est à force de patience
Que de savourer il a cultivé la science.
C'est avec les années qu'il est devenu
Contemplatif et conservateur du beau.

Il est loin le temps où il était ingénu.
Suivant indolent le vol du corbeau.
Il a tant de fois questionné les nues,
Se demandant quels étaient ses desseins.

Il a poursuivi, conquérant, son chemin,
Le cœur empli d'espoir pour demain.
Dédaignant l'oubli assassin.
Il en a vu des bons moments s'évaporer
Mais n'est pas pour autant éploré.

Il a gravé avec amour en son sein
Les beaux instants enfuis.
Il les revit à sa guise avec nostalgie,
Chasse la peur de l'éphémère lorsqu'elle surgit.

Il sait que courte est la course de la vie.
Même prompt, personne n'en réchappe.
Pour réaliser ses chenues envies
Il faut toujours garder le cap.

Il laisse partir ce qui lui échappe.
Garde l'essentiel et l'immortalise.
En toute occasion il relativise.
Le passé en gardien de ses souvenirs.

Lorsque la mort viendra le chercher
Il aura longtemps marché
Et s'en ira avec le sourire
De ceux pour qui le temps n'est pas un martyre.

25 juillet 2022

Énergie positive

L'énergie positive circule
Déjouant les mauvais calculs
Et les ondes négatives s'annulent.

Elle répulse ce qui est décevant.
Nous pousse vers l'avant.
En rappel quand on souffre,
Qu'on a sombré dans le gouffre,
Elle nous en fait sortir.
Il nous faut la saisir
Dès qu'on la voit surgir.
Tous dans la même file d'attente.
En relais, diffusons la au suivant ;
Que sa réalité sans saveur
Soudainement se pimente.
Qu'il se sente vivant.
Que ses jours sans couleurs
Des nôtres se pigmentent.

L'énergie positive, l'énergie positive
C'est addictif d'être positif (x2)

L'énergie positive s'active
En inépuisable locomotive.
D'elle même elle s'impose
Pour ne pas qu'on implose.
Une extraordinaire dynamique
Aux dimensions cosmiques.
Inexorablement elle explose
Comme de la dynamite.
Elle mérite qu'on s'y expose.
Elle n'est pas un mythe.
Quand des inconnus communient
Rejetant le déni.
Par ce flux d'échanges
Chacun gagne au change.
L'univers est tel qu'on l'invente,
Tel ce qui l'alimente.
Alors n'écoutons pas les avorteurs
Et soyons les vecteurs...

... De l'énergie positive, de l'énergie positive
C'est addictif d'être positif (x2)

Extrait de mon 3éme album "Côté Cœur"
En écoute sur ma chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=BSEChTqMH4M&list=PLGuCU5GMPtysX3LIFda6tzTvQk50qU-wI
ainsi que sur mon site

Naturel

Quand tout nous paraît trop austère,
Parqués dans un univers artificiel,
Qu'il nous manque souvent l'essentiel,
Il est urgent de se mettre au vert,
De s'évader à l'appel de la terre.
Les pensées sauvageonnes bourgeonnent.
Épanoui enfin l'esprit se polit,
À l'image de ce brillant rocher
Enjolivé par l'œuvre de la rivière.
Repos mérité, se coucher dans son lit.
La nature, elle, recueille nos prières.
Gorgée de soleil et de splendeurs,
Submergée par une fluide candeur
L'âme est sertie de somptueuses pierres.

Nous sommes des graines
Faîtes pour fleurir le futur.
À foison des boutures
Contre ce qui nous gangrène.

Le corps est en paix, devient végétal.
Poussées par un vigoureux essor
S'étendent nos écarlates pétales
Colorant notre impétueux sort.
Ayant quitté l'état de bouton,
Couper les lianes nous enserrant.
Calmes et néanmoins persévérants
Telle une plante perçant le béton.
S'ouvrir à ce qui permet d'éclore.
Apaisés, voir des cycles se clorent
Et renaître comme autant de floraisons.
Stopper net notre effrénée course.
Notre essence coule de source,
Purifiée des virulents poisons.

Nous sommes des graines
Faîtes pour fleurir le futur.
À foison des boutures
Contre ce qui nous gangrène.

Extrait de mon 3éme album "Côté Cœur"
En écoute sur ma chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=BSEChTqMH4M&list=PLGuCU5GMPtysX3LIFda6tzTvQk50qU-wI
ainsi que sur mon site

19 juillet 2022

La brève

Je vais vous conter une petite histoire
Sous la forme d'une brève de comptoir.

J'en ai vu s'enfiler à la chaîne des vers,
Comme enivrés par une soif insatiable.
Une parole prononcée annonce un verre.
En réalité en litres ils versent leur flow.
Ils n'ont pas peur de paraître controversés.
Ils s'exhibent contre un verset ou une prose.
Le cœur à nu ils osent enchaîner les maux
Au micro, se délivrent parfois paranos
À la faveur des clameurs et bons mots.
Ils se saoulent des paroles de lueurs
Afin de débaucher un peu mieux la leur.
C'est à l'eau de vie qu'ils se vivifient,
C'est par elle qu'ils deviennent versatiles.
Ils sont d'étranges volatiles de la nuit.
Vous dérangent paraît-il par leur ivresse.

À la main ils ont un stylo et une feuille.
Remplaçant les lampées de Kronenbourg
Dans lesquelles ils noyaient leurs écueils.
Ils se sont fait adeptes des calembours.
Ceux bourrés de talent demeurent sobres.
En plein mois d'octobre ou en avril
Beaucoup ne se découvrent pas d'un fil.
Cependant show men dans le concept
Au pied de la lettre ils vous interceptent
Quand de silences ils se sont trop abreuvés.
Leur véritable identité se révèle alors.
Peu pudique quand il s'agit d'être ludique,
Les jeux de mots sont leurs exutoires.

Oui c'est certain, j'en ai vu des boire.
Mais aussi, et surtout, de nombreux déboires.
Se ne sont des élucubrations d'ivrognes
Qui dans les bars jusqu'au petit jour résonnent.
Mieux que l'alcool le partage délie les langues
Et les voix décollent s'imbibant d'éloquence.
Il subsiste de la violence dans les propos...
Après tout l'auteur aussi a ses défauts.

Il distille dans la salle tout ce qui lui reste.
Reprend sa veste en voyant la fin arriver.
Absorbe les quelques vers restant à écouter.
Puis il s'en retourne chez lui empli d'échos.
La face marquée d'une sourire mélancolique.
Après avoir formulé la promesse qu'il reviendra,
Que de son formidab' Art il sera encore le pilier.

Il sait que ses écrits resteront gravés en ces lieux.
On se souviendra d'eux et on oubliera son nom.

01 juillet 2022

Pour ma pomme

Ça y est, je sens qu'il y a comme un pépin.
Et, bien sûr, ça va encore être pour ma pomme.
Les événements, les gens, tout m'assomme.
J'en peux plus de me prendre des pains.

C'est facilement que la situation se gâte,
Pourrie inexorablement jusqu'au trognon.
Elle ronge tel un ver ta première impression.
T'atterre et, sans effort, à terre te mates.

Ma théorie est différente de celle de Newton,
Elle en atténue par la même la gravité.
Elle ne parle peut-être à personne
Mais régale ma dévorante acidité.

« La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre »,
Ce prétexte est bon pour ceux qui palabrent.
« Allez au sabordage ! Pas de quartier »,
Pour te finir ils ne se feront surtout pas prier.

Il y a l'instant où l'on vient te cueillir,
Puis celui où les appétits commencent à mûrir.
La faim justifiant les moyens, c'est fatal,
La moindre écorchure sert à nourrir leur fringale.

Ma théorie est différente de celle de Newton,
Elle en atténue par la même la gravité.
Elle ne parle peut-être à personne
Mais nous met sur un pied d'égalité.

Mes faits et gestes minutieusement épluchés,
Dans le vif il ne leur reste plus qu'à trancher.
Finalement, ils ne font de moi qu'une bouchée.
Ils ont eu ma peau et la satisfaction recherchée.

Pourtant je ne suis pas de la mauvaise graine.
Malgré leur traitement, j'aspire à rester saine.
Ils sont rassasiés, moi je veux juste être sereine.
Croquer à pleine dent ce qui en vaut la peine.

Ceci est un hommage pour ma pomme.
Que de telles flèches plus jamais ne la sonnent.
Et que l'égoïsme, lui aussi fruit de l'Homme,
D'une poire ne lui fasse prendre la forme.

© Slamity Jane - SACEM